Le cosmonaute agricole, de René de Obaldia
Zéphyrin prie tous les soirs sur son champ en entendant sonner l’Angélus de Millet, alors que le Cosmonaute fait des galipettes dans l’espace.
Si l’écriture pleine de fantaisie utilise tous les niveaux de langage, passant des borborygmes aux alexandrins (Rimbaud, Baudelaire), puis à l’expression prosaïque du bon sens, le fond sous jacent est « signifiant ». Nul besoin de reconnaître les références de l’auteur pour prendre du plaisir, les ruptures de styles sont perceptibles à tous.
Ecrite en 1963, cette pièce a quelque chose de visionnaire : elle évoque le dérèglement climatique (période de grandes sécheresse, changement du déroulement des saisons) « six cent soixante six jours qu’il ne pleut pas, alors forcément, c’est la sécheresse – ce n’est pas comme dans le temps… », et interroge sur la façon écologique d’y répondre pour la véritable préservation de l’environnement : continuer dans la dynamique du produire toujours plus, ou cesser toute activité prédatrice : « mais moi je ne marche pas, plus un mot, plus un geste ».